StatistiquesSpin & Go

Comprendre le cEV

En Spin & Go, le multiplicateur décide du résultat d'un tournoi. Le cEV est ce qu'il reste quand on retire ce que tu ne contrôles pas.

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Ce que le résultat en euros ne dit pas

Un Spin & Go se joue en quelques minutes, avec des tapis courts, et se termine presque toujours par un all-in. Deux facteurs y pèsent bien plus que ton jeu : le multiplicateur tiré au sort, et la carte qui tombe une fois l'argent au milieu. Sur une session, ces deux-là font le résultat. Sur un mois, encore largement.

C'est pour ça qu'un joueur peut jouer très bien et finir le mois en négatif, ou l'inverse. Regarder ses gains en euros pour juger de son niveau, c'est lire un signal noyé dans le bruit.

Le résultat en euros mesure ce qui t'est arrivé. Le cEV mesure ce que tu as fait.

Ce que le cEV mesure

Le cEV — chip expected value, espérance en jetons — remplace le résultat de chaque tapis par ce que tu aurais gagné en moyenne. Si tu pousses avec 60 % d'équité pour un pot de 1 000 jetons, tu perds parfois la main, mais ton cEV te crédite de 600 jetons moins ce que tu as engagé. La chance du coup disparaît ; ta décision reste.

Additionné sur tous tes tournois, le cEV donne une courbe qui ressemble à ta courbe de gains, mais lissée. L'écart entre les deux est ta variance : un mois où le cEV monte et les euros descendent est un mois où tu as bien joué et mal tiré.

  • Il se lit par tournoi : un cEV positif par tournoi veut dire que, all-in mis à part, tes décisions rapportent.
  • Il ne corrige pas le multiplicateur : celui-ci se lit à part, en découpant les tournois par multiplicateur.
  • Il ne dit rien de ce qui se passe sans tapis : un mauvais fold n'est pas un coup de malchance, il est dans le cEV.

Le rakeback change la question

En Spin & Go, le rake est prélevé sur chaque buy-in, et le rakeback reversé après coup. Un joueur à cEV légèrement négatif peut être gagnant net grâce au rakeback ; un autre à cEV positif peut être perdant sans lui. Toute lecture sérieuse du résultat doit donc afficher trois chiffres : gain net, gain EV, gain EV après rakeback.

Le troisième est le seul qui répond à la vraie question — est-ce que ce volume, à cette limite, avec ce rakeback, rapporte ?

À partir de combien de tournois un écart veut dire quelque chose

Dix tournois ne disent rien. Cent commencent à dessiner une tendance. Le seuil exact dépend de la variance, qui dépend elle-même de la limite et du style. La bonne habitude n'est pas de retenir un nombre magique, mais de regarder l'erreur type à côté de chaque chiffre : si l'encadrement contient zéro, tu ne sais pas encore si tu es gagnant sur ce découpage.

C'est particulièrement vrai des découpages fins — cEV en BB contre les regs, cEV sur les ×10 — qui portent chacun sur une fraction de ton volume. Ils sont les plus utiles à lire, et les plus faciles à surinterpréter.

Un chiffre sans son effectif ni son incertitude n'est pas une information, c'est une anecdote.

Ce que Polaris fait de ce constat

Le tableau de bord d'analyse cEV affiche les trois résultats en euros, découpe le cEV par position, par composition d'adversaires, par multiplicateur et par heure, et propose un indicateur de confiance qui pose l'erreur type sur chaque barre. Rien n'est affiché sous dix tournois, et l'outil signale quand l'encadrement contient zéro.

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