Lire ses stats préflop en 3-max
Un VPIP de 45 est une catastrophe à neuf joueurs et une base saine à trois. Le chiffre n'a de sens qu'avec sa situation.
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Trois mesures, trois questions
VPIP — la part des mains où tu mets volontairement des jetons préflop — mesure à quel point tu joues large. PFR — la part des mains où tu relances préflop — mesure à quel point tu joues agressif. Le 3-bet mesure à quel point tu relances quand quelqu'un a déjà relancé. Séparément, ce sont trois chiffres. Ensemble, c'est un style.
L'écart entre VPIP et PFR est la mesure la plus parlante : un joueur qui entre souvent sans relancer limpe ou paie beaucoup. En Spin & Go, où le limp existe mais se justifie rarement, un écart large est presque toujours une fuite.
Pourquoi les repères des tables pleines sont faux ici
Sur une table de neuf, chaque joueur entre dans une main sur cinq environ. À trois, avec des blindes qui reviennent une fois sur trois et des tapis de 25 bb qui fondent, il faut entrer dans près d'une main sur deux pour ne pas se faire dévorer par les blindes. Les chiffres normaux se décalent tous vers le haut, et un tracker calibré pour le cash game te fera peur pour rien.
La seule référence qui vaut, c'est la population de ta limite : ce que font les joueurs réguliers, et l'écart entre eux et toi.
Compare-toi aux regs de ta limite, pas à un tableau de valeurs générales.
Par position, puis par stack
Un VPIP global mélange trois jeux différents : au bouton tu ouvres large, en SB tu complètes ou tu pousses, en BB tu défends. La lecture utile commence par position — BTN, SB, BB — et par adversaire en face : BTN contre SB n'est pas BTN contre BB.
Puis par tranche de stack. À 20 bb et plus, tu ouvres à 2 bb et tu peux te coucher face au 3-bet. À 8 bb, tu ne fais plus qu'une chose : pousser ou passer. Le même VPIP à 20 bb et à 8 bb signifie deux choses différentes, et une fuite peut n'exister que dans une tranche.
- Regarde d'abord les scénarios qui reviennent le plus : BTN, SB contre BB, BB contre SB.
- Descends par tranche de stack avant de conclure.
- Un chiffre sur moins de vingt observations n'est pas encore un chiffre.
Du chiffre à la main
Un 3-bet à 8 % contre 14 % pour les regs n'est pas encore une correction. La correction, c'est de savoir avec quelles mains tu 3-bet et avec lesquelles eux le font : la range derrière la fréquence. Et de vérifier, main par main, que ces coups ont été rentables — le cEV du choix, pas seulement sa fréquence.
C'est ce passage — de la fréquence à la range, de la range aux mains — qui transforme une statistique en règle à mémoriser.
Ce que Polaris fait de ce constat
L'écran Stats compare chaque mesure à la population des regs de tes tables, par scénario et par tranche de stack, et affiche au survol la range des 169 mains derrière chaque fréquence, avec le cEV de chacune. Un clic ouvre la liste des coups joués avec une main donnée, chacun rejouable.